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PROJET D'EXTENSION DE CAP 3000

Je note d'abord le décalage entre une déclaration d'intention alléchante et la réalité des propositions d'aménagement.

 

Ce projet, d'un coup estimé de 365 000 000 € correspond à une opération de très grande envergure, et il aura nécessairement des conséquences importantes sur un territoire déjà très fortement urbanisé et soumis à des contraintes environnementales fortes.

 

Il s'agit de ne pas porter atteinte à des zones naturelles protégées (NATURA 2000) mais aussi d'avoir le souci de protéger une population riveraine qui vit déjà dans un environnement dégradé (pollution au NO2, à l'ozone, au CO2, pollutions sonores, embouteillages … ).

 

Pourtant les Laurentins ne peuvent que s'inquiéter devant l'ampleur du chantier : 140 000 m3 de déblais, 6 années de travaux, constructions d'un parking silo, d'un parking souterrain et d'un chenal, bâtiment de 28m de hauteur...

 

A cela s'ajoute l'augmentation prévue des déplacements automobiles induite par l'accroissement des surfaces commerciales et de la fréquentation.

 

Pour ne s'en tenir qu'à l'aspect « qualité de l'air et santé » :

 

On peut retenir de l'étude présentée que la zone de Saint-Laurent du Var Sud connaît déjà une qualité de l'air très dégradée essentiellement due à la circulation routière :

* Le seuil d'information-recommandation pour l'ozone est dépassée.

* Pour le protoxyde d'azote, les traceurs de la pollution automobile dépassent la valeur limite pour la santé humaine.

 

Une étude réalisée du 10 au 23 novembre 2011 sur les quartiers sensibles (écoles de la gare, crèche des Renardeaux, parc des sports Layet, jardin d'enfants Robin des Bois) montre que les taux de pollutions atmosphériques sont analogues à ceux des zones les plus polluées des Alpes-Maritimes.

Et pourtant, cette étude a été réalisée en automne, ce qui sous-estime les concentrations de polluants par rapport aux périodes de forte chaleur...

 

L'augmentation attendue de la fréquentation de CAP 3000 (de 8 millions à 11 millions de visiteurs par an) sera alimentée essentiellement par des déplacements en voiture.

Les livraisons pour les commerces (de 38 000 m² à 64 000 m²de surface de vente) seront effectuées par poids lourds.

 

Le projet tend à minimiser l'impact de cette surfréquentation routière en s'appuyant sur les avancées technologiques réduisant les pollutions automobiles.

 

Toutefois, il est envisagé une hausse de 6% d'émission de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2020 (+ 4,5% pour le CO² et + 7,5% pour le NO²).

L'objectif annoncé des promoteurs est seulement de « veiller à ne pas dégrader sensiblement la qualité de l'air dans la zone d'étude »....on ne peut pas faire moins !

 

 

Pour résumer, à l'heure où beaucoup d'annonces sont faites pour marquer une volonté de réduire les émissions de GES, d'améliorer la qualité de l'air pour des raisons de bien-être et de santé (Protocole de Kyoto, Grenelle de l'Environnement, Plan Qualité-Air du Conseil Général 06…), ce projet, construit sur un modèle ancien, s'accommode d'une augmentation des pollutions la considérant négligeables quant aux conséquences sanitaires sur la population.

 

Voilà la raison première pour laquelle je demande qu'il ne soit pas donnée suite à ce projet.

 

Les 4 autres raisons qui justifient mon désaccord sont les suivantes :

 

 

* Aujourd'hui, l'accès à CAP 3000 mais aussi les conditions de circulation dans le Sud de Saint-Laurent du Var sont problématiques.

 

Les aménagements routiers décrits dans le document seraient à même d'améliorer la circulation routière en l'état actuel.

 

En revanche, avec le projet d'agrandissement de CAP 3000 et d'une augmentation de 45% du flux automobile, majoritairement desservi par les 2 giratoires de sortie de l'A8, les aménagements routiers n'apporteront pas l'amélioration annoncée.

 

 

* Autre point : dans la zone de Chalandise de CAP 3000 d'autres projets de centres commerciaux sont en cours de réalisation : POLYGONE à Cagnes-sur-Mer (45 000 m²), ALLIANZ à Nice (29 000M²), GRAND ARENA, MERIDIA...

 

Quelle étude a été réalisée sur la pertinence de la multiplication de nouveaux espaces commerciaux si proches et si concurrentiels ?

 

 

* D'autre part, je mettrais en parallèle 2 chiffrages.

 

Avec l'extension de CAP 3000, les Taxes et Impôts locaux versés par les entreprises devraient passer de 969 000 € à 1 390 000 € par an (+ 430 000 €).

 

En même temps, le coût annuel de la pollution atmosphérique pour la collectivité passerait de 725 000 euros à 1 225 000 € (+ 500 000 €).

 

Donc plus de pollution mais aucun bénéfice pour les Collectivités Territoriales.

 

 

* Enfin, la présentation du développement des modes doux de transport (vélos, piétons) ne s'étend pas sur le fait qu'il ne sera pas plus facile qu'aujourd'hui de se rendre sur le site de CAP 3000 ou au bord de mer à pied ou à vélo à partir de Saint-Laurent du Var.

 

Franchir deux passerelles à partir de la gare, suivre la Promenade Maïcon qui passera d'une desserte de 11 000 à 18 000 véhicules par jour, passer sous le toboggan sous la voie de chemin de fer, resteront des missions dangereuses pour tous et impossible pour les personnes à mobilité réduite et les poussettes.

 

 

 

Pour finir, ce projet partagé par le Groupe Aldeta propriétaire de CAP 3000 et la Métropole Nice Côte d'Azur est présenté comme une vitrine moderniste mais les nuisances, les désagréments et les dangers pour la santé des 7 000 habitants de la zone considérée sont fortement minimisés voire passés sous silence.

 

Quant à l'impact sur les zones protégées (NATURA 2000), sur le papier toutes les mesures de prévention semblent avoir été pensées.

 

Malheureusement, l'expérience nous montre que sur ce secteur sensible de l'Estuaire du Var, les pollutions se sont multipliées ces dernières années, et ce malgré toutes les précautions prises : Aéroport, usines de traitement des eaux usées, couloirs routiers, centres commerciaux, parkings …

 

Ne faut-il pas éviter de trop concentrer les risques à proximité de zones écologiques fragiles et à préserver.

 

Dernière question : les 4 500 places de parking seront-elles gratuites ou payantes ?... Les documents soumis à enquête publique n'en disent rien.

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