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Qui est otage de qui ?

Le conflit social actuel en cours dans les société de sûreté des aéroports est encore pour la droite l'occasion de se vautrer sans vergogne dans ses discours démagogiques récurrents, où ce sont toujours les salariés qui se retrouvent avec le mauvais rôle de "preneurs d'otages". Sans que jamais, à quelque moment que ce soit, le gouvernement et ses soutiens n'interpellent le patronat des sociétés de sûreté travaillant dans les aéroports sur ses responsabilités dans le pourrissement du conflit et le blocage qu'il a généré.

Car, avec un préavis déposé depuis le début du mois, les patrons de ces sociétés avaient largement le temps d'entamer des négociations sérieuses avec les syndicats pour ne pas en arriver à la situation actuelle. Mais ils ont préféré faire la sourde oréeille aux revendications des salariés, certains de pouvoir compter sur l'appui d'un gouvernement montrant de plus en plus qu'il est, lui, l'otage des intérêts patronaux. Les syndicats patronaux continuent d'ailleurs, en exigeant un préalable inacceptable : l'arrêt de la grève avant toute négociation.

Un gouvernement qui, par la voix de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de tutelle, et de son zélé collègue, Thierry Mariani, ministre chargé des transports, a tôt fait de pointer du doigt les affreux grévistes "preneurs d'otages" tout en en profitant pour ressortir leur vieux refrain sur le "service minimum", avec un texte dont l'examen est prévu le 24 janvier à l'Assemblée Nationale. Mais pas de texte pour contraindre le patronat à négocier !

Bien sûr, Eric Ciotti, député et président du Conseil Général, ne voulant pas être en reste, s'est empressé d'emboîter martialement le pas "de l'oie" de ses collègues pour fustiger ces "irresponsables" grévistes qui prennent les "bons Français" en otage au moment des fêtes, afin de pouvoir exploiter à chaud l'inquiétude des familles !

Si nous comprenons que nombre de nos concitoyens puissent être contrariés par ces perturbations en cette période de fêtes, nous avons aussi la conviction que de moins en moins de Français se laissent berner par ce discours convenu. Parce que dans leur grande majorité, ils subissent aussi une dégradation de leurs conditions de vie, de leur pouvoir d'achat et sont conscients de l'injustice sociale grandissante que génère la politique du gouvernement que soutient avec empressement Monsieur Ciotti.

Ils savent que faire preuve de responsabilité, ce n'est pas essayer d'opposer les citoyens entre eux pour masquer ses propres échecs, ce n'est pas mettre sans cesse en accusation les salariés pour satisfaire le patronat, c'est travailler à créer les conditions d'une réelle négociation sur les revendications légitimes des salariés, au regard de leurs conditions de travail et de rémunération, sans préalable inacceptable ! Mais sûrement pas en prenant parti toujours pour les plus forts et en jetant de l'huile sur le feu, comme le fait le député et président du Conseil Général, encore plus à l'approche d'échéances électorales !

Noël ALBIN - Francis TUJAGUE - Jacques VICTOR

Conseillers Généraux communistes des Alpes-Maritimes

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